Condition des Cétacés: droits, protection des orques et consommation

Les droits des cétacés, « personnes non-humaines »

Lori Marino nous montre un cerveau d’orque

Aux États-Unis, des experts se sont réunis en février dernier pour mettre sur pied un projet de loi donnant des droits aux cétacés tout comme aux humains. Des biologistes marins, des spécialistes et des philosophes sont partis du principe que dauphins et baleines ont un tel degré d’intelligence et de sensibilité que cela les place aux côtés des humains. D’où la volonté de ces experts de rédiger une déclaration des droits cétacéens qui serait un jour respectée dans toutes les mers du globe. L’esprit des cétacés est à ce point développé que les dauphins devraient être, selon eux, classés comme des « personnes non-humaines » ayant donc le droit de vivre en liberté et en bonne santé. Comme l’explique le Dr Tom White, philosophe au Hilton Center for Business de Los Angeles : « Ce que nous voulons dire, c’est que la science nous a montré que l’individualité, la conscience, la conscience de soi, ne sont plus exclusivement des propriétés humaines. Cela pose toutes sortes de nouveaux défis ». Ces droits d’un genre nouveau protégeraient baleines et dauphins de la chasse, de la captivité, mais aussi des nuisances sous-marines, comme les armes soniques expérimentées par les militaires dans certaines zones océaniques. Quant à Lori Marino, du programme de neurosciences et du comportement de l’université Emory d’Atlanta, elle propose que, pour montrer notre respect aux dauphins, nous cessions d’aller dans les parcs où les cétacés sont maintenus captifs.

La Cour fédérale canadienne protège les orques

Attaque d’ un lion de mer par un orque en Patagonie. copyright Winfried Wisniewski

 

Partant du principe que les orques de la Côte Ouest du Canada (Colombie Britannique), ont besoin de se nourrir et de vivre dans un environnement sûr,la Cour Fédéraled’appel a statué que le gouvernement devait remplir ses obligations concernant les espèces en danger telles que les orques, en leur fournissant une protection légale concernant leurs besoins fondamentaux. Cela signifie de s’assurer que ces orques puissent vivre protégées de la pollution, des sons destructeurs émis par les tankers ou les navires militaires, et qu’elles puissent trouver suffisamment de saumon chinook pour survivre.

Devon Page intervenant à la télévision canadienne
Le saumon chinook

C’est clairement une victoire pour les orques, dont la population côtière diminue chaque année, et que beaucoup de Canadiens (en particulier de l’ouest) considèrent comme l’un des symboles du pays. En apprenant la décision de la cour, l’un des directeurs de la puissante organisation Ecojustice, Devon Page,

a déclaré que cette victoire lui donnait plus envie que jamais de pouvoir dialoguer avec les baleines. (Ecojustice). Pour cette organisation, dont le but est de protéger et restaurer l’environnement en utilisant les lois existantes, ce cas démontre clairement la nécessité d’avoir des lois prescriptives pour protéger les animaux et par conséquent, les humains.

 

De plus en plus d’humains mangent des cétacés

 

 

Le point de vue japonais sur la chasse à la baleine

 

Une étude récente, menée depuis trois ans par le Wildlife Conservation Society et Okapi Wildlife Associates, fait état d’une hausse de la consommation humaine de chair de mammifères marins à travers le monde au cours des 20 dernières années. Ainsi, depuis 1990, on a comptabilisé au moins 114 pays où les gens avaient consommé l’une des 87 espèces de mammifères marins, incluant des dauphins tursiops, des marsouins, des lions de mer, des globicéphales, des lamantins, des narvals, des ours polaires, des baleines pygmées ou des dauphins de rivière.

Dauphin rose d’Amazonie: très menacé

L’une des principales raisons de cette tendance réside dans les changements des techniques de pêche, en particulier aux abords des côtes et des estuaires. Dans certains cas, cette viande consommée provient d’animaux capturés accidentellement (1 000 cétacés meurent chaque jour dans les filets !), mais dans d’autres cas, ces espèces sont délibérément chassées pour être mangées, comme au Congo, au Gabon, ou à Madagascar. Mais notons que cette consommation n’est pas sans risque, comme le montre l’étude du Dr Llanos ( voir article Hécatombes de dauphins: de l’Aquitaine au Pérou ) sur les forts taux de diabète chez les pêcheurs péruviens. En effet, situés en bout de chaîne alimentaire, les mammifères marins stockent dans leur chair les poisons que nous rejetons dans les océans, métaux lourds, pesticides, hydrocarbures, rejets organiques persistants, etc. En consommation régulière, ces poisons affaiblissent le système endocrinien chez les humains, entraînant, par exemple, des cas de diabète.

Massacre de dauphins aux îles Feroe

 

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Recherche icono & légendes: Laurent Masurel

 

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